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nivolet.jpgCroix du Nivolet : une vue imprenable sur le lac du Bourget.

Cette croix du Nivolet est si imposante que l'on peut la voir d'assez loin, notamment quand on arrive par le tunnel du Chat, Son sommet offre un magnifique panorama sur le lac du Bourget et toutes les montagnes environnantes avec évidemment la Montagne du Chat et sa Dent qui culmine à 1390 m, mais aussi l'Abbaye de Hautecombe qui borde le lac, le Grand colombier, le Crêt d'Eau sur les monts Jura, ou bien encore une partie du Revard dont nous reparlerons dans une prochaine chronique.

Tout cela, on peut l'admirer depuis son belvédère. Le lac du Bourget fut immortalisé par Lamartine. D'origine glaciaire, il s'étale entre la Montagne du Chat et celle de La Chambotte. Considéré comme le plus grand lac naturel de France, il recouvre 4460 hectares pour 18 km de longueur, 3,5 km de largeur maximum, 145 m de profondeur  maximum, Il se déverse au nord dans le Rhône par le canal de Savière. Des fouilles sur ses rives ont permis de révéler l'existence de cités lacustres datant de l'âge du bronze, soit plus d'un millénaire avant JC.


Aix les Bains visible depuis ce belvédère fut une station thermale assez vite réputée où son eau soufrée était déjà utilisée par les Romains un siècle avant JC. Dans la ville subsistent de nombreux vestiges romains comme l'Arc de Campanus. Les thermes furent ainsi construits sur les vestiges encore visibles des bains romains. Au début du siècle dernier, Aix les Bains était reliée au mont Revard par un train à crémaillère qui ne mettait pas moins d'une heure pour gravir les 9351 m de sa voie. Celui-ci fut arrêté en 1935. Un téléphérique lui succède jusqu'en 1969 victime de la concurrence de la route.


Autre lieu d'importance dans le secteur, l'Abbaye de Hautecombe. C'est en 1101 que des moines d'Aups ont fondé un premier monastère dans la montagne de La Chambotte en un lieu dit Haute Combe. En 1139, cette communauté adoptant la réforme cistercienne de Saint Bernard, abandonne la montagne et s'installe dans ce lieu sauvage au bord du lac du Bourget. La chapelle des Princes érigée en 1340 sert de sépulture aux plus illustres défunts de la Maison de Savoie.

Un peu d'histoire


L'histoire de la croix remonte à plus d'un siècle en 1861 précisément. Le percement de l'avenue du Comte Vert décidé par le conseil municipal de Chambéry, ayant détruit la grande croix érigée par les pénitents noirs de Chambéry face au gibet du Verney, le Comte Louis de Fernex qui est le prieur de la confrérie, intendant à la retraite, donne son accord à condition que la croix existante soit déplacée sur un emplacement visible de la cluse de Chambéry. L'emplacement de la Croix des Raforniers sur la dent du Nivolet est choisi pour l'implantation de cette nouvelle croix monumentale. Il organise alors  une souscription pour sa construction en fer à la pointe du Nivolet sur la commune des Déserts. Le 31 juillet 1861, le préfet Hippolyte Dieu donne l'autorisation de construire la croix. Les habitants des Déserts assurent le transport des matériaux, les entreprises de Chambéry participent à la construction. La croix sera une charpente métallique recouverte de fer blanc. Le monument qui remplaçait cette vieille et vénérable croix en bois est inauguré le 15 septembre 1861 par François-Marie Vibert, évêque de Maurienne, délégué par le Cardinal Billet, âgé de 78 ans et ne pouvant accomplir lui-même le déplacement. En 1867, pour rendre la croix plus visible, le Comte de Fernex fait allonger ses bras d'un mètre de côté par des pièces en bois recouvertes de fer blanc, En 1872, la foudre ayant endommagé le monument, on aménage une nouvelle couverture en fer blanc anglais plus résistant, L'ensemble est inauguré le 17 septembre 1874 par Monseigneur Pichenot, Archevêque de Chambéry.  En 1877, la croix est embrasée en l'honneur du pape Pie IX.Le 22 décembre 1909, un ouragan tord le fût de la croix. Le dommage étant irréparable, il faut édifier une autre croix. Ainsi, en 1910, un comité est constitué. Il est présidé par le marquis de la Serraz qui lance une nouvelle souscription et M. Abrioud est le trésorier. Un projet est dressé par M. Gotteland, ingénieur des ponts, et MM. Dénarié et Bertin, architectes. La structure de la croix sera cette fois-ci en béton armé recouverte de plaques d'aluminium. L'entreprise Grosse se charge de la réalisation pour la somme de 6 500 francs. La croix totalise 21,5 m de hauteur de la croix 21,50 m, avec un enfoncement dans le sol de 5 m, une envergure de 9,60 m, une circonférence de  2 m, et pour un poids de 70 tonnes. La croix terminée à l'automne 1910 fut inaugurée le dimanche 2 juillet 19111 par le vicaire général Gavillet en présence de 3 500 personnes. En 1935, pour ses 25 ans, on effectue un premier essai d'illumination avec un groupe électrogène. En 1944, la croix subit une charge de plastic qui la déstabilise au niveau de son socle. Le monument est à nouveau réparé grâce à une souscription lancée par le Professeur Carron.

 

Le 2 juillet 1960, dans le cadre du centenaire de l'annexion de la Savoie à la France, l'illumination de la croix est organisée à l'instigation de M. Charles Montreuil, président du comité, à l'aide d'une souscription publique. Mais l'installation de 1960 est assez vite endommagée par la foudre et des vandales. Une nouvelle installation, financée par EDF, est mise en place en 1989 en vue des Jeux olympiques d'Albertville de 1992. On réhabilite ainsi la croix et ses abords avec l'installation d'un nouveau système d'illumination à distance. Les étapes de sa rénovation sont désormais importantes car le Conseil Général de la Savoie décide d'inscrire l'espace naturel du Nivolet dans la première série de sites appelant à des mesures particulières de préservation de l'environnement. Le soubassement de la croix en mauvais état est ainsi renforcé. le monument lui-même est complètement restauré et recouvert désormais de plaques en acier inoxydable. L'illumination devient fonctionnelle. Deux projecteurs longue portée sont installés à une distance oblique de 650 mètres de la croix. Ils ont une puissance de 4 kw chacun. La remise en état d'une ancienne ligne électrique pour alimenter les projecteurs a permis l'électrification du hameau du Nivolet. Les abords de la croix ont été nettoyés, une aire de pique-nique a été aménagée et des barrières de sécurité ont été renforcées et prolongées pour offrir sans danger un accès au belvédère du Nivolet. Cette croix constitue pour l'IGN un site géodésique du réseau de détail français.

La croix du Nivolet est accessible à pied seulement. Le sentier le plus emprunté pour y accéder est celui dit « par les Crêtes » dont le lieu de départ se trouve au Sire sur la station de ski de la Féclaz. Le dénivelé total n'excède pas 140 m puisque la station est globalement à la même altitude que la croix, mais la marche prend une bonne heure.Il est aussi possible d'y accéder depuis l'alpage du Nivolet en contrebas, en partant des hameaux de Lovettaz (commune de Saint-Jean-d'Arvey) ou de Pragondran (commune de Verel-Pragondran). Un passage équipé (main-courantes, câbles, marches et barreaux de fer) appelé «Pas de l'Échelle » permet de franchir une faille dans la falaise et d'accéder au plateau final et à la croix. Une variante plus escarpée et dépourvue d'équipement est possible par le passage dit de « la cheminée » situé plus à l'ouest. Ces passages sont moins fréquentés que celui des crêtes car ils requièrent un effort plus important ainsi qu'une certaine vigilance.
 

L'espace naturel du Nivolet


Cette croix se situe sur l'espace naturel du Nivolet. Il offre sur ses 3000 hectares plusieurs dizaines de kilomètres de sentiers et de nombreux points d'intérêt remarquable que vous pourrez découvrir lors de vos balades. Il y a ainsi notamment cette Croix du Nivolet et ses abords aménagées avec table de lecture du paysage pour vous permettre de découvrir toutes les montagnes environnantes et aire de pique-nique; l'allée du château de Chaffardon avec le Conservatoire d'espèces fruitières, l'Arboretum et la Grande cascade; la grotte du docteur Carret avec sa maison accrochée à la falaise; le trou de la Doria, un orifice dans la paroi rocheuse d'où sort en cascade le torrent; les peintures rupestres qui sont des vestiges vieux de 1500 ans avant JC. Ce ne sont pas bien sûr les seuls charmes à découvrir sur ce site. On apprécie les vastes forêts de plateau ou le paysage ouvert des trois alpages à flanc de montagne. Et vous goûterez les tommes du hameau du Nivolet produites sur place. D'autres richesses feront la joie du randonneur attentif, de l'ornithologue averti ou du spéléologue équipé. Ce sera ainsi à vous de les découvrir dans le respect de la nature. Le randonneur ou le visiteur désirant passer la nuit sur place trouvera un accueil au gîte d'étape du chef-lieu de St Jean d'Arvey. De nouvelles mises en valeur ont également été réalisées, le long de la Leysse et de la Ternèze. On pourrait également évoquer les aménagements faits  au sommet du Revard avec là encore une vue magnifique sur toute la région.




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