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Morlaix, un commerce naguère florissant.

 

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Escapade dans la ville de Morlaix dans le Finistère, qui compte environ 15 000 habitants. Elle se situe dans le nord de ce département au confluent de deux rivières qui forment ce que l’on dénomme la rivière de Morlaix.
 

La présence d’un estuaire, que l’on appelle plus communément ici un ria fait office de séparation entre le Léon situé à l’ouest et le Trégor à l’est. Il s’étend sur une quinzaine de kilomètres entre l’écluse qui marque l’arrêt des bateaux et l’embouchure en baie de Morlaix dont je vous ai parlé il y a quelques semaines lors d’une superbe croisière.

 

Morlaix a un riche passée et fut après les guerres de religion une place forte en Bretagne car au 13e siècle ce n’était encore qu’une simple bourgade de pêcheurs rattachée au Duché de Bretagne depuis 1187. Elle a beaucoup profité de l’apogée du commerce de la toile de lin au 17e siècle. Elle fut le principal port d’exportation des toiles de lin de la Basse-Bretagne vers l’Angleterre. Son port de plaisance de nos jours mais de commerce quelques siècles en arrière attirait de nombreux marchands sur ses quais.
 

La ville était relativement riche, prospère avec tous ses armateurs et les bourgeois étaient nombreux. Mais elle attira aussi les invasions et les pillages avant que l’on ne décide de construire au large de la baie le château du Taureau. La fabrication et la vente des toiles de lin sera en plein essor avec un pic vers 1687 avant que cette industrie ne décline par le fait que les clients anglais vont déserter les quais de la ville lors des guerres de Louis XIV.
 

Avant la révolution française, la ville occupe une place importante également dans le secteur de l’orfèvrerie. Après la guerre de succession d’Espagne, la ville va à nouveau prospérer et Morlaix va tisser des liens avec plusieurs pays étrangers. Plus près de nous, Morlaix pendant la seconde guerre mondiale sera bombardée à plusieurs reprises dont son célèbre viaduc que j’évoquerais un peu plus loin. D’ailleurs, l’objectif principal était ce viaduc ferroviaire dont le but était de couper les communications ferroviaires avec Brest. L’un des raids, le 29 janvier 1943 fera 67 victimes dont 42 enfants de l’école maternelle Notre Dame des Anges. Le 8 août 1944, la ville sera libérée.
 

Après la période du lin, c’est la pêche et surtout l’agriculture qui occupe une place à Morlaix et dans sa banlieue. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à voir les nombreux champs de légumes en tous genres. C’est une grande région de productions agricoles. Et comme le disait le guide que nous avions eu, les agriculteurs bretons sont très puissants et ils n’hésitent pas à monter dans la Capitale pour se faire entendre, faire pression et obtenir gain de cause à leurs diverses revendications.
 

DE NOMBREUX MONUMENTS

 

Au-delà de son commerce qui fut florissant, Morlaix peut s’enorgueillir de posséder de nombreux lieux et monuments historiques. Et lors de votre visite, il ne faudra pas les rater. On peut citer le kiosque de la place des Otages, la fontaine des Carmélites datant du 15e siècle au pied de l’église ND des Fontaines, l’ancien couvent des Jacobins dont l’église fut fondée en 1230, la plus ancienne de la ville ; son théâtre à l’italienne datant de 1888 et classé monument historique en 1998. Il a été entièrement restauré. Il y a aussi l’église Saint Mélaine d’un joli style gothique flamboyant du 15e siècle dédié à Mélaine de Rennes.Le prieuré de Saint-Mélaine fut fondé entre 1149 et 1157. L'église fut construite à la fin du XVe siècle par l'atelier d'architectes Beaumanoir. En 1879, le lanternon de l'église a été remplacé par une flèche en bois recouverte de zinc. L'église abrite de belles sablières et statuaires du XVe au XIXe.
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Parmi encore les lieux importants, on peut citer sa manufacture des tabacs. Elle fut l’une des plus importantes de France et l’une des plus anciennes puisque que l’on sait qu’elle existait déjà en 1689. Elle n’a été fermée que ces dernières années. C'est Jean-François Blondel, architecte du roi qui a conçu la Manufacture entre 1736 et 1740. Les façades et toitures des bâtiments non classés ainsi que le jardin font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 7 août 19971. Les bâtiments datant du XVIIIe siècle, les installations du bâtiment H et les cases à tabac râpés du bâtiment J, ainsi que la charpente des bâtiments E, E' et G font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 3 septembre 20011. La construction fut faite en quatre temps.
 

A l’automne 1995, un incendie endommagea fortement sa toiture. En 2004, la Seita décide de stopper ses activités de tabac sur ce site. Un projet de réhabilitation des lieux voit le jour sous la houlette de la chambre de commerce et d’industrie On démolira un tiers du plancher entre 2003 et 2005. On refait les charpentes et les toitures qui avaient été incendiées. Depuis, un centre de culture scientifique a vu le jour. Malgré cela, tout ce bâtiment garde son bel aspect historique.

 

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LA VISITE

 

Pour ma part, je n’avais pas beaucoup de temps à consacrer à la visite de Morlaix mais j’ai pu découvrir l’essentiel au travers de ses escaliers publics au cachet ancien, et de ses venelles. Ces dernières sont des rues de petite taille, très étroite commune petite veine. C’est le contraire de ce que l’on dénomme les artères pour désigner un grand boulevard. Et c’est en partie au travers des différents chemins de ces venelles que l’on peut partir à la découverte de la cité de Morlaix.
 

Au-delà de ces venelles, ce qui marque le plus le regard ce sont ces nombreuses maisons médiévales près de l’église Saint Mélaine. Elles sont très typiques, à base de pans de bois dites maisons à pondalez qui signifie pont galerie en breton. Cela s’organise autour d'un hall qui s'élève sur trois à quatre niveaux. Celle de la Grande-Rue accueille de nos jours les œuvres et objets de la collection du musée de Morlaix ayant trait à l’architecture et à l’histoire de la ville et celle dite de la Duchesse Anne (16e siècle)du Mur. C’est un joyau d’architecture à elle seule. On ne les trouvera qu’à Morlaix et ce dès le 15e siècle.


La première que j’ai cité fut restaurée de 1993 à 1997 et possède l’un des deux escaliers les mieux conservés dans la ville. Une cheminée en granit et un escalier en vis et ses passages en bois s’inscrivent dans un vaste espace central. Ces deux maisons sont donc encore ouvertes au public, respectivement pour une entrée à 2,50 et 1,80 euro. Ces maisons seront très répandues à Morlaix et nulle part ailleurs dès le 16e siècle.
 

Ce sont les négociants et autres marchands de lin, la spécialité du Léon qui les construiront. Chacune dispose ainsi d’un grand rectangle divisés en trois parties un corps de bâtiment sur rue avec sa façade en encorbellement sur la rue, un corps de bâtiment sur jardin (ou sur le rempart) avec sa façade également en encorbellement sur l’extérieur et, entre les deux, un espace couvert : éclairée par le toit sur l’iconographie du XIXè siècle, cette « lanterne » est le lieu privilégié de la maison.
 

Une grande cheminée en pierre richement moulurée occupe un des murs mitoyens sur la hauteur de plusieurs étages, tandis que, lui faisant face dans un angle du vide central, l’escalier représente une permanence du genre : il est composé d’une vis, ensemble de marches pleines, assemblées sur un noyau cylindrique et d’une série de passerelles accrochées à l’escalier par l’intermédiaire d’un poteau d’angle, élément sculpté qui caractérise la maison et se termine par une représentation du saint patron, protecteur du propriétaire. Des passerelles, ou ponts d’allée, permettent d’aller de l’escalier à la partie arrière. C’est ainsi que l’on pouvait reconnaitre les gens les plus aisés de Morlaix.
 

En tout cas, on ne peut qu’être attiré par ces maisons surprenantes. Et comme on dit les anciens pensaient vraiment à tout. On découvre une séparation entre ces maisons. C’était tout simplement pour éviter qu’un éventuel incendie ne se propage aux habitations voisines. Quand on découvre ses pans, on est surpris et on a l’impression d’une architecture plutôt normande. Ces maisons sont un véritable joyau de l’histoire passée de Morlaix.

 

LA MAISON PENAMAULT

 

Depuis la place Charles de Gaulle où se trouvait l’ancien port, il ne faut pas rater de découvrir la maison Penanault. A l’origine , c’est un riche noble qui décide de construire un superbe manoir de pierres autour d’une ancienne tour de guet à l’écart de la ville. Cet emplacement n’était pas choisi au hasard car il avait pour but de surveiller la circulation des bateaux et des marchandises vu comme je l’ai dis qu’ici était situé l’ancien port.
 

Témoin de la prospérité passée du port et du commerce à Morlaix pendant plusieurs siècles du 15e au 18e, cette puissante maison de 700 m2 en schiste bleu-noir et en granit rosé de l’île Grande et de l’ïle Callot qui jouxte la ville de Carantec, est assurément l’hôtel d’un armateur aidé. On peut la considérer comme une demeure prestigieuse avec la présence d’une grande salle de réception, d’un imposant escalier, d’une construction en U avec des décors Renaissance pour les portes et les fenêtres ; sans compter toutes les pierres qui furent taillées avec soin.
 

Adossée à la colline et ses jardins suspendus que l’on appelle des combots, les pieds dans l’eau du port, son nom breton « Pen Anod » signifie le bout de la grève. La façade demeure fortifiée mais elle l’était encore plus par le passé car elle a été remaniée à plusieurs reprises par des ouvertures multiples de fenêtres ouvrant ainsi cette maison à la lumière. Proche du style du château de Kerjean qui date du 15e, cette maison est un véritable témoin de la richesse du territoire au 17e siècle. Les lances soit une rangée de maisons aux façades sur pilotis longeait le quai de Tréguier.
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Ces maisons servaient d’abris pour les marchandises que l’on débarquait ou embarquait dans les bateaux. Lieu de promenade apprécié des Morlaisiens, les dernières lances ont disparu en 1952. Les derniers propriétaires de cette maison devenue monument historique l’ont vendu pour un prix bien inférieur à sa côte réelle à l’Etat et abrite le centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine du pays de Morlaix. On trouve à ses côtés l’implantation de l’office de tourisme local.

 


 

LE VIADUC

 

On ne peut pas évoquer Morlaix sans parler de son viaduc qui mérite plus qu’une attention. Il faudra avoir le courage de faire un petit effort pour atteindre son premier niveau en empruntant l’une des fameuses venelles. de là vous aurez une vue imprenable sur toute la ville.
 

Et en voyant la place Charles de Gaulle, vous n’oserez pas imaginer que cet espace qui s’offre à vous laissait apparaitre il y a bien longtemps la rivière qui coulait sous la place. Elle fut recouverte en deux phases successives ; l’une d’elles détruisant le pont tournant à la fois aux promeneurs de traverser et aux bateaux de circuler.
 

Le long de ce port qui venait jusqu’aux pieds du viaduc, barques de pêche, gabares, bateaux à vapeur, goélettes, dundees, sabliers, torpilleurs et bien d’autres firent des escales au fil des siècles. La rivière fut la frontière entre le Léon et le Trégor ; le premier à gauche et le second pour la droite. Les deux anciens évêchés se rencontrent à Morlaix et ont laissé leur nom aux deux quais : quai de Léon et quai de Tréguier.
Deux lignes de chemin de fer couraient le long des quais ; l’une permettait l’accès du port à la gare de 1927 à 1937 ; l’autre plus connue, a mené les voyageurs de Morlaix à Lannion de 1912 à 1934.

La gare était située au pied du viaduc et ce bâtiment existe encore de nos jours. Au loin le pont routier construit en 1972 permet à la RN12 d’enjamber la rivière, libérant ainsi le centre- ville de Morlaix de ses fameux embouteillages.
 

Tout cela nous amène à évoquer le viaduc proprement dit car il mérite quelques explications. C’est à ma connaissance le seul en France à traverser le centre d’une ville. Il faut remonter un peu dans le temps. Nous sommes sous le second empire et la France s’engage sur la voie de la modernisation de son économie. C’est le début de l’ère industrielle et l’effort financier sur les moyens de communication entraine la révolution ferroviaire.
 

Ainsi, on décide notamment de construire de viaduc de Morlaix. La première pierre est posée le 20 juillet 1861 et la construction durera jusqu’en septembre 1863 soit en deux années seulement. 900 à 2000 ouvriers vont travailler sur cet ouvrage dessiné par deux ingénieurs La dernière clé de voûte sera posée le 1er août 1863. Les travaux s’achèveront officiellement le 22 novembre. Le premier train passera sur le viaduc en janvier 1864. Il aura coûté 2,674 millions de francs pour un devis de 2,656 millions.
 

Quand on le découvre et que l’on passe dessus, il se dégage une impression massive. Et il y a de quoi car il en impose. On traversa toute sa longueur soit 292 mètres représentés par 9 arches de 13 par 30 mètres et 14 arches de 15 par 20 mètres. Il est haut de 58 mètres et il y a plus de 5 m pour les fondations.
Son poids atteint les 11 000 tonnes de granit de parement provenant de la baie de Morlaix ou de l’ile Grande dans les Côtes d’Armor. Il aura fallu pour le transport utiliser 60 gabares.
 

A cela s’ajoute 74 000 tonnes se sable, de terre, de graviers et de moellons, 2500 m3 de bois d’étai, 43 tonnes de fer. Soit un volume global de 65830 m3 qui furent acheminés par un pont de bois de service mobile sur des vérins hydrauliques actionnés à la vapeur.
 

De ce point de vue, vous pouvez découvrir toute la richesse de la ville qui nous présente son histoire : le Carmel, l’église Saint Mélaine, l’Hôtel du Pars, l’église Saint Mathieu, l’Hôtel de ville, le kiosque à musique et tous les combots (prononcez Kombotte), ces jardins en terrasses qui animent les collines. Ce cloisonnement des pentes par des murs datant de plusieurs siècles permettait une économie familiale bien appréciée (légumes, jardins d’agrément) surtout en temps de guerre.
 

En poursuivant votre visite après le viaduc, vous pourrez très bien les apercevoir sur ces pentes. Et en suivant cette venelle, vous découvrirez ce qu’est un riboul, un petit chemin en breton et parviendrez au bas des « cent marches. Avant cela, vous aurez une petite pensée pour les 39 enfants tués avec leur institutrice religieuse de l’école Notre Dame de Lourdes. La chapelle de ND des Anges construite en 1950 rappelle leur souvenir.
Par la suite, vous pourrez rejoindre la gare SNCF de Morlaix où ainsi le plus récent tranche avec le passé morlaisien.

 


 




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